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Comment allons-nous méditer?
Au fil des siècles, il s'est évidemment accumulé
une expérience considérable de la prière
et de la méditation. Les bibliothèques et les lieux
du culte du monde entier regorgent de trésors ouverts
à tous les chercheurs. Il est à souhaiter que tous
les membres des AA, déjà encouragés à
la méditation par leur appartenance religieuse, se remettent
comme jamais auparavant à la pratique de cet exercice.
Mais qu'advient-il de tous les autres qui n'ont pas cet avantage
et qui ne savent même pas par où commencer ?
Eh bien! nous pourrions commencer comme ceci. Prenons d'abord
une vraie bonne prière. Nous n'aurons pas loin à
chercher: les grands hommes et les grandes femmes de toutes les
religions nous en ont laissé une riche provision. Arrêtons-nous
à l'une d'entre elles, qui est classique.
Depuis maintenant plusieurs siècles, son auteur a été
reconnu comme un saint. Nous n'en serons pour autant ni effrayés
ni biaisé, car même s'il n'était pas un alcoolique,
il a connu comme nous des déchirements émotifs.
Et au sortir de cette expérience douloureuse, il exprimait,
dans la prière qui suit, ce qu'il pouvait désormais
voir et sentir et ce qu'il désirait devenir :
Comme débutants en méditation, nous pourrions
maintenant relire très lentement cette prière à
plusieurs reprises pour savourer chacun des mots et pour essayer
de comprendre le sens profond de chaque phrase et de chaque idée.
Tant mieux si nous pouvons abandonner toute résistance
aux paroles de notre ami. Dans la méditation, en effet
il n'y a pas de place pour la controverse. Nous nous laissons
porter calmement par les pensées d'une personne avertie
pour y vivre une expérience et pour apprendre.
Détendons-nous, comme si nous étions allongés
sur une plage ensoleillée, respirons profondément
l'atmosphère spirituelle dont nous enveloppe la grâce
de cette prière. Disposons-nous à nous laisser
prendre, à être tonifiés, à être
soulevés par ce vif courant d'énergie spirituelle,
de beauté et d'amour que transportent ces paroles magnifiques.
Contemplons maintenant la mer et méditons sur son mystère;
levons les yeux vers l'horizon lointain, dépassons-le
pour découvrir toutes ces merveilles encore inexplorées.
«Zut, alors», s'écriera l'un ou l'autre.
«C'est du délire. Ça ne rime à rien.»
S'il nous vient des réactions de ce genre, nous pourrions
nous rappeler, avec un certain embarras, tout l'intérêt
que nous accordions au produit de notre imagination lorsqu'elle
tentait d'inventer la réalité à partir de
la bouteille. C'est bien le genre de réflexions qui nous
régalait, n'est-ce pas? Bien que nous soyons sobres maintenant,
ne nous arrive-t-il pas encore souvent de faire la même
chose? Le malheur n'était peut-être pas de nous
servir de notre imagination, mais plutôt notre totale incapacité
à orienter celle-ci dans la bonne direction. Il n'y a
rien de mal à utiliser notre imagination de façon
constructive: c'est le point de départ des plus valables
réalisations. Après tout, personne ne peut construire
une maison sans s'être d'abord imaginé un certain
plan. Eh bien! c'est la même chose pour la méditation:
elle nous aide à visualiser notre objectif spirituel avant
tout effort pour l'atteindre. Revenons donc à notre plage
ensoleillée ou, si vous préférez, aux plaines
et aux montagnes.
Une fois situés par cette simple formule dans une ambiance
favorable au travail paisible de l'imagination constructive,
nous pourrions procéder comme suit:
Nous lisons notre prière une fois de plus en essayant
encore d'en saisir le sens profond. Nous penserons ensuite à
cet homme qui a prononcé le premier cette prière.
Avant tout, il voulait devenir un «instrument». Puis
il demandait la grâce d'apporter l'amour, le pardon, l'harmonie,
la vérité, la foi, l'espérance, la lumière
et la joie au plus grand nombre possible de personnes.
Il exprimait ensuite une aspiration et un espoir personnels.
Et souhaitait pouvoir, avec la grâce de Dieu, trouver lui-même
quelques-uns de ces trésors. Il tâcherait d'y parvenir
par ce qu'il appelait l'oubli de soi. Que voulait-il dire par
«oubli de soi», et comment se proposait-il de le
réaliser?
Il trouvait préférable de consoler plutôt
que d'être consolé, de comprendre plutôt que
d'être compris, de pardonner plutôt que d'obtenir
le pardon.
Voilà, en partie, ce qu'on pourrait appeler une méditation,
une toute première tentative pour entrer dans un certain
état d'esprit, pour aller voyager dans le royaume de l'esprit,
si vous voulez. Cette expérience devrait être suivie
d'un regard attentif sur notre situation présente et sur
les changements qui pourraient survenir dans notre vie si nous
étions en mesure de nous rapprocher de l'idéal
entrevu. La méditation est un exercice qui peut prendre
sans cesse plus d'envergure. Elle ne connaît pas de limites,
ni en largeur ni en hauteur. Favorisée par toutes les
connaissances et tous les exemples que nous pourrons trouver,
elle devient en somme une aventure personnelle que chacun de
nous peut conduire à sa guise. Mais son objectif est toujours
le même: améliorer notre contact conscient avec
Dieu, avec Sa grâce, Sa sagesse et Son amour. Et rappelons-nous
toujours qu'en réalité, la méditation est
un exercice intensément pratique. Ses premiers fruits
se manifestent par l'équilibre émotif. Elle nous
permet d'élargir et d'approfondir la communication qui
nous relie à Dieu tel que nous Le concevons.
L'une des plus précieuses récompenses que peuvent
nous apporter la prière et la méditation, c'est
sans doute le sentiment d'appartenance que nous en tirons. Désormais,
nous ne vivons plus dans un monde totalement hostile. Nous ne
sommes plus perdus ou affolés, nous ne sommes plus sans
but. Dès que nous pouvons, ne serait-ce qu'un instant,
entrevoir la volonté de Dieu, dès que nous commençons
à considérer la vérité, la justice
et l'amour comme les vraies valeurs, les valeurs éternelles
de la vie, plus rien ne vient nous bouleverser de tout ce qui
semble être la preuve du contraire dans l'ordre purement
humain qui nous entoure. Nous savons que Dieu veille avec amour
sur nous. Nous savons qu'en nous tournant vers Lui, tout ira
bien pour nous, ici-bas et dans l'au-delà.
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